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Délibération du conseil municipal : rédaction, registre et publicité

La délibération est l'acte par lequel le conseil municipal décide. Ce guide détaille sa structure, sa numérotation, son inscription au registre des délibérations, sa signature et les conditions dans lesquelles elle devient exécutoire, avec un modèle Word gratuit à télécharger.

Délibération de conseil municipal : registre des délibérations, rédaction et transmission au contrôle de légalité

Sommaire

  1. Qu'est-ce qu'une délibération du conseil municipal ?
  2. Délibération, procès-verbal, liste des délibérations : qui fait quoi ?
  3. Comment rédiger une délibération : structure et mentions
  4. Le registre des délibérations : tenue, signature, conservation
  5. Publicité, transmission et entrée en vigueur
  6. Modèle de délibération à télécharger
  7. De l'enregistrement de séance à la délibération
  8. Les erreurs fréquentes
  9. Sources
  10. Questions fréquentes

En bref : une délibération du conseil municipal est l'acte juridique par lequel l'assemblée délibérante de la commune prend une décision sur une affaire déterminée. Elle est inscrite par ordre de date sur un registre et signée par le maire et le ou les secrétaires de séance (article L2121-23 du CGCT, dans sa rédaction en vigueur depuis le 1er juillet 2022). Elle devient exécutoire de plein droit dès qu'elle a été publiée, affichée ou notifiée, et, dans la plupart des matières, transmise au représentant de l'État dans le département (article L2131-1 du CGCT).

Qu'est-ce qu'une délibération du conseil municipal ?

Le mot recouvre deux réalités que la pratique confond souvent. Il désigne d'abord l'action de délibérer, c'est-à-dire le débat entre les conseillers. Il désigne surtout, au sens juridique, l'acte administratif issu de ce débat : un document écrit, daté, numéroté et signé, qui matérialise la décision prise.

Le fondement est l'article L2121-29 du CGCT : le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune. Tout ce qui relève de la compétence de l'assemblée, budget, tarifs, subventions, marchés, personnel, urbanisme, conventions, passe donc par une délibération. Il y en a autant que d'affaires votées dans la séance.

Ce qu'une délibération n'est pas

Les conditions de validité, en amont de la rédaction

Une délibération parfaitement rédigée peut être annulée si la séance qui l'a produite était irrégulière. Trois points de vigilance reviennent systématiquement :

Délibération, procès-verbal, liste des délibérations : qui fait quoi ?

Depuis l'ordonnance n° 2021-1310 du 7 octobre 2021, entrée en vigueur le 1er juillet 2022, trois documents distincts coexistent après chaque séance. Les confondre est la source d'erreur la plus fréquente en secrétariat de mairie.

Document Ce que c'est Quand Base légale
La délibération L'acte de décision lui-même, un par affaire votée. Produit des effets de droit. Inscrite au registre, signée, publiée et transmise. Rédigée après la séance, sans délai fixé par les textes L2121-23, R2121-9, L2131-1
Le procès-verbal Le document officiel qui retrace le déroulé de la séance : présents, quorum, ordre du jour, teneur des discussions, résultats des scrutins. Arrêté au commencement de la séance suivante, puis publié dans la semaine L2121-15
La liste des délibérations La liste des affaires examinées, avec la date de séance, l'objet de chaque délibération et le résultat du vote. Elle a remplacé l'ancien compte-rendu. Affichée en mairie et mise en ligne dans la semaine qui suit la séance L2121-25

Pour le détail du contenu du PV et de ses délais d'approbation, consultez notre guide dédié au procès-verbal de conseil municipal. Pour la trame de la liste des affaires examinées et ce qui a remplacé l'ancien document, voyez notre article sur le compte-rendu de conseil municipal.

Bon à savoir : publier la liste des délibérations ne dispense en rien de rédiger le procès-verbal, ni d'établir chaque délibération individuellement. Les trois obligations se cumulent.

Comment rédiger une délibération : structure et mentions

Premier point à clarifier, parce qu'il est régulièrement mal compris : aucun texte du CGCT n'impose de trame type pour la délibération. Les fiches diffusées par les préfectures rappellent que le conseil municipal dispose d'une liberté de rédaction, et que l'acte doit mentionner ce qui est strictement indispensable, à savoir l'objet et le sens de la décision prise.

Les mentions considérées comme indispensables sont donc : le jour et l'heure de la séance, le nom du président de séance, les noms des conseillers présents et représentés, l'affaire débattue, le résultat du vote et la décision prise. En revanche, les visas et l'exposé des motifs sont des mentions facultatives. Ils restent vivement recommandés : ils sécurisent l'acte face au contrôle de légalité et rendent la décision compréhensible plusieurs années plus tard.

En pratique, la structure retenue par la quasi-totalité des communes comporte quatre blocs.

1

L'en-tête d'identification

Nom de la commune et du département, numéro de la délibération, objet, date et heure de la séance, date de convocation, lieu, président de séance, nombre de conseillers en exercice, présents, représentés et votants, constat du quorum, nom du ou des secrétaires de séance.

2

Les visas

Ils rattachent la décision aux textes et aux actes qui la fondent : articles du CGCT applicables, code de la commande publique, délibérations antérieures du conseil, avis d'une commission, convention à approuver. Un visa erroné ou manquant ne rend pas mécaniquement l'acte illégal, mais un visa juste fait gagner un temps considérable au service du contrôle de légalité.

3

L'exposé des motifs

Il expose le contexte, les raisons, les conditions et la portée de la décision proposée. Dans les communes de 3 500 habitants et plus, il prolonge naturellement la note explicative de synthèse jointe à la convocation. C'est aussi l'endroit où reprendre, en quelques lignes, les arguments échangés en séance lorsqu'ils éclairent la décision.

4

Le dispositif et le vote

Le dispositif s'ouvre par la formule d'usage : Le conseil municipal, après en avoir délibéré, décide. Suivent les points votés, énoncés à l'infinitif ou au présent, un par alinéa, y compris les autorisations données au maire (signer, engager la dépense, imputer au budget). Le bloc se referme sur le résultat du vote : voix pour, voix contre, abstentions, puis la mention adoptée ou rejetée.

La numérotation des délibérations

L'article R2121-9 du CGCT prévoit que les affaires venues en délibération au cours d'une même séance reçoivent un numéro d'ordre, et que le feuillet clôturant la séance rappelle ces numéros. En revanche, aucun format de numérotation n'est imposé par les textes. Chaque commune organise le sien.

Les formats les plus répandus sont 2026-014 (année et compteur continu sur l'année) ou DEL-2026-09-014 (année, mois de séance, compteur). Trois règles pratiques valent mieux qu'un format parfait :

Le registre des délibérations : tenue, signature, conservation

C'est le point le plus technique, et celui sur lequel les observations des archives départementales sont les plus nombreuses. Le régime tient en deux articles.

L'article L2121-23 du CGCT dispose que les délibérations sont inscrites par ordre de date sur un registre tenu dans des conditions définies par décret en Conseil d'État et qu'elles sont signées par le maire et le ou les secrétaires de séance.

Changement souvent ignoré : depuis le 1er juillet 2022, la signature des délibérations par tous les membres présents à la séance n'est plus exigée. Seules les signatures du maire et du ou des secrétaires de séance sont requises. Beaucoup de communes font encore circuler le parapheur auprès de l'ensemble du conseil, par habitude.

Les règles matérielles de tenue (article R2121-9)

Sur la conservation, les registres de délibérations sont des archives publiques et font partie des documents que les services d'archives départementales recommandent de conserver définitivement en mairie. Ils ne relèvent pas d'un tableau d'élimination. Le point de contact utile en cas de doute reste le service d'archives départementales de votre département, qui exerce le contrôle scientifique et technique sur les archives communales.

Publicité, transmission et entrée en vigueur

Une délibération votée et signée ne produit pas encore d'effet. Deux formalités conditionnent son caractère exécutoire, et elles se cumulent dans la plupart des matières.

1. La publicité de l'acte

L'article L2131-1 du CGCT prévoit que les actes des autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'ils ont été publiés, affichés ou notifiés aux intéressés. Les modalités dépendent de la nature de l'acte et de la taille de la commune :

2. La transmission au contrôle de légalité

L'article L2131-2 du CGCT soumet les délibérations du conseil municipal à l'obligation de transmission au représentant de l'État dans le département (le préfet ou son délégué dans l'arrondissement). Trois catégories en sont expressément exclues :

La transmission se fait très majoritairement par voie électronique via la plateforme ACTES. Le maire peut, sous sa responsabilité, certifier le caractère exécutoire d'un acte. En pratique, l'accusé de réception délivré lors de la transmission constitue la pièce à conserver au dossier : c'est lui qui date le point de départ du contrôle.

Réflexe utile : en cas de doute sur l'appartenance d'une délibération à l'une des trois exclusions, transmettez-la. Une transmission superflue n'a aucune conséquence juridique, alors qu'une transmission omise prive l'acte de son caractère exécutoire dans les matières concernées.

3. Les délais de recours

Le préfet dispose d'un délai de deux mois à compter de la transmission de l'acte pour le déférer au tribunal administratif (article L2131-6 du CGCT). Il peut au préalable adresser à la commune un recours gracieux motivé, qui interrompt le délai du recours contentieux. Les tiers ayant intérêt à agir disposent quant à eux du délai de recours de droit commun, qui court à compter de l'accomplissement des mesures de publicité.

Modèle de délibération à télécharger

Pour ne pas repartir d'une page blanche, voici une trame de délibération de conseil municipal reprenant la structure décrite plus haut. Les champs entre crochets sont à compléter, et les visas sont à adapter à la matière traitée.

Trame de délibération (à copier-coller ou à télécharger en Word) :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Département de [DÉPARTEMENT]
Commune de [NOM DE LA COMMUNE]

EXTRAIT DU REGISTRE DES DÉLIBÉRATIONS DU CONSEIL MUNICIPAL

Délibération n° [ANNÉE-NNN]
Objet : [OBJET DE LA DÉLIBÉRATION]

Séance du [DATE] à [HEURE]
Convocation adressée le : [DATE DE CONVOCATION]
Lieu de réunion : [LIEU]

Conseillers en exercice : [__]   Présents : [__]   Représentés : [__]   Votants : [__]
Quorum : [ATTEINT / NON ATTEINT]

Présents : [LISTE DES NOMS]
Absents excusés : [LISTE]
Procurations : [NOM] a donné procuration à [NOM]
Président de séance : [MAIRE OU PRÉSIDENT DE SÉANCE]
Secrétaire(s) de séance : [NOM]

VU le code général des collectivités territoriales, notamment ses articles
[ARTICLES APPLICABLES] ;
VU [AUTRE TEXTE APPLICABLE : code, décret, arrêté] ;
VU la délibération n° [____] du [DATE] relative à [OBJET] ;
VU [AVIS DE COMMISSION / CONVENTION / DEVIS ANNEXÉ], le cas échéant ;

CONSIDÉRANT que [MOTIF PRINCIPAL DE LA DÉCISION] ;
CONSIDÉRANT que [MOTIF COMPLÉMENTAIRE] ;

EXPOSÉ DES MOTIFS
[CONTEXTE, RAISONS, CONDITIONS ET PORTÉE DE LA DÉCISION PROPOSÉE.
REPRENDRE, LE CAS ÉCHÉANT, LES ÉLÉMENTS DE LA NOTE EXPLICATIVE DE SYNTHÈSE
ET LES ARGUMENTS ÉCHANGÉS EN SÉANCE.]

LE CONSEIL MUNICIPAL, APRÈS EN AVOIR DÉLIBÉRÉ, DÉCIDE :

Article 1er : [PREMIÈRE DÉCISION]
Article 2 : [DEUXIÈME DÉCISION]
Article 3 : d'autoriser le maire à signer [DOCUMENT] et à accomplir toutes
formalités nécessaires à l'exécution de la présente délibération.
Article 4 : de dire que la dépense correspondante est inscrite au budget
[EXERCICE], chapitre [__], article [__].

RÉSULTAT DU VOTE
Pour : [__]     Contre : [__]     Abstentions : [__]
[Scrutin public, le cas échéant : nom des votants et sens du vote : [____]]
Décision : [ADOPTÉE / REJETÉE]

Fait et délibéré en séance, les jour, mois et an susdits.

Le Maire : [NOM]                    Le(s) secrétaire(s) de séance : [NOM]

--------------------------------------------------------------------
Cadre réservé aux formalités
Transmis au représentant de l'État le : [DATE]   AR n° : [____]
Publié / affiché / notifié le : [DATE]
Caractère exécutoire acquis le : [DATE]

Le modèle est une base à adapter. Les visas dépendent entièrement de la matière (finances, commande publique, urbanisme, ressources humaines), et la mention budgétaire de l'article 4 n'a de sens que pour les délibérations emportant une dépense.

De l'enregistrement de séance à la délibération

Dans la pratique, la difficulté n'est presque jamais la trame. Elle est de retrouver, deux ou trois jours après la séance, ce qui a exactement été voté, avec quel amendement de dernière minute, et sur quel argument le conseil a basculé. Les notes prises en direct par le secrétaire de séance, qui participe aussi aux échanges, sont rarement complètes.

D'où la pratique, désormais courante en mairie, d'enregistrer la séance à titre d'outil de travail interne, puis d'en tirer une transcription qui sert de matière première à la fois au procès-verbal et aux délibérations. Deux points méritent d'être posés clairement :

C'est le terrain sur lequel AudiosTranscribe est utilisé par des secrétariats de mairie : la séance est transcrite avec identification des intervenants, ce qui permet de reconstituer sans approximation l'objet voté, les arguments à porter dans l'exposé des motifs et le résultat de chaque scrutin. L'infrastructure de traitement est hébergée en Europe et les fichiers audio sont supprimés après traitement, ce qui limite la durée de conservation à la seule phase de rédaction. Pour la mise en forme du document lui-même, notre modèle de compte-rendu de réunion peut servir de base aux réunions de commission, moins formalisées que la séance plénière.

Les erreurs fréquentes

Sources

Disclaimer : informations à jour au 28 août 2026, à titre indicatif et sans valeur de conseil juridique. Deux points appellent une vigilance particulière : la forme de la délibération (visas, exposé des motifs) relève d'une pratique recommandée par les fiches préfectorales et non d'une obligation textuelle, et le périmètre exact des actes soumis à transmission peut soulever des cas d'espèce. Vérifiez le texte en vigueur sur Légifrance, ou rapprochez-vous de votre centre de gestion, de votre agence technique départementale ou de l'association départementale des maires.

Rédigez vos délibérations à partir de la séance, pas de vos notes

AudiosTranscribe transcrit l'enregistrement du conseil municipal avec identification des intervenants et vous donne une base fiable pour rédiger l'exposé des motifs, le dispositif et le résultat de chaque vote. Infrastructure hébergée en Europe, fichiers audio supprimés après traitement.

En savoir plus

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une délibération et un procès-verbal ?
La délibération est l'acte juridique par lequel le conseil municipal décide sur une affaire précise : il y en a autant que d'affaires votées. Le procès-verbal est le document qui retrace le déroulé complet de la séance (présents, quorum, ordre du jour, teneur des discussions, résultats des scrutins). La délibération produit des effets de droit, le procès-verbal en garde la trace.
Les visas et l'exposé des motifs sont-ils obligatoires dans une délibération ?
Aucun texte du CGCT n'impose de trame type. Les fiches préfectorales rappellent que le conseil municipal dispose d'une liberté de rédaction et que les visas et l'exposé des motifs sont des mentions facultatives. Elles restent vivement recommandées : elles sécurisent la délibération face au contrôle de légalité et facilitent sa compréhension.
Qui signe les délibérations du conseil municipal ?
Depuis le 1er juillet 2022, les délibérations sont signées par le maire et le ou les secrétaires de séance (article L2121-23 du CGCT). La signature de tous les conseillers présents, exigée avant la réforme, n'est plus requise.
Le registre des délibérations doit-il être tenu sur papier ?
Oui. L'article R2121-9 du CGCT prévoit que la tenue du registre est assurée sur support papier, un support numérique pouvant seulement venir en complément. Les feuillets doivent être cotés et paraphés par le maire, imprimés sur papier permanent avec une encre stable et neutre, puis reliés au plus tard en fin d'année (tous les cinq ans dans les communes de moins de 1 000 habitants).
Quand une délibération devient-elle exécutoire ?
Selon l'article L2131-1 du CGCT, l'acte est exécutoire de plein droit dès qu'il a été publié, affiché ou notifié aux intéressés, et, lorsque la matière l'exige, transmis au représentant de l'État dans le département. Les deux conditions se cumulent pour les actes soumis à l'obligation de transmission.
Toutes les délibérations doivent-elles être transmises au préfet ?
Presque toutes. L'article L2131-2 du CGCT soumet les délibérations du conseil municipal à l'obligation de transmission, à l'exception de celles relatives aux tarifs des droits de voirie et de stationnement, au classement et au déclassement de voies communales, et aux plans d'alignement et de nivellement. En cas de doute sur une matière, il vaut mieux transmettre.